Carats de l’or : comprendre 9, 14, 18, 22 et 24 carats
« 18 carats », « 750 millièmes », « or 585 » : les bijoux parlent une langue chiffrée que peu d’acheteurs maîtrisent vraiment. Pourtant, comprendre les carats de l’or est la clé de tout achat éclairé — c’est ce chiffre qui dit la part d’or pur contenue dans votre bague, sa couleur, sa dureté et, en grande partie, son prix. Ce guide de la Maison décrypte chaque titre, du 9 au 24 carats, les équivalences en millièmes, les poinçons français qui les garantissent et les alliages qui font la couleur. Retrouvez l’ensemble de nos guides dans la rubrique Or & Pierres précieuses de la Maison.

Qu’est-ce qu’un carat, exactement ?
Le carat est une unité de mesure très ancienne : il exprime la proportion d’or pur dans un alliage, sur une échelle de 24. Un bijou en or 24 carats contient 24 parts d’or pur sur 24 — c’est de l’or à l’état pur. Un bijou en or 18 carats contient 18 parts d’or pur et 6 parts d’autres métaux : trois quarts d’or, un quart d’alliage.
Le calcul est simple : divisez le nombre de carats par 24. L’or 18 carats, c’est 18/24 = 75 % d’or pur. L’or 14 carats, c’est 14/24 ≈ 58,3 % d’or pur. L’or 9 carats, c’est 9/24 = 37,5 % d’or pur. Plus le nombre de carats est élevé, plus le métal est riche en or — et plus il est tendre, car l’or pur est un métal mou.
Attention à un piège de vocabulaire : le mot « carat » désigne aussi une unité de masse pour les pierres précieuses (un carat = 0,2 gramme), sans aucun rapport avec le titre de l’or. Quand un joaillier parle d’un « diamant d’un carat », il parle de son poids ; quand il parle d’« or 18 carats », il parle de sa pureté. Deux mondes, un seul mot.
Des carats aux millièmes : le tableau des titres
En France, les professionnels raisonnent le plus souvent en millièmes : c’est la part d’or pur exprimée sur 1 000. L’or 750 millièmes contient 750 grammes d’or pur par kilogramme d’alliage — c’est exactement la même chose que l’or 18 carats. Les deux échelles se correspondent point par point, et les poinçons français utilisent d’ailleurs les millièmes.

Voici les correspondances à connaître :
- 24 carats = 1 000 millièmes : or pur, réservé aux lingots et aux pièces d’investissement.
- 22 carats = 916 millièmes : or des pièces anciennes et des bijoux orientaux.
- 18 carats = 750 millièmes : la référence française de la bijouterie.
- 14 carats = 585 millièmes : la norme dominante dans le monde anglo-saxon.
- 9 carats = 375 millièmes : le titre le plus économique, très répandu en bijouterie fantaisie haut de gamme.
En France, seuls trois titres sont autorisés pour les ouvrages neufs en or destinés à la bijouterie : le 750, le 585 et le 375 millièmes. C’est la loi qui le dit, et les poinçons des bijoux sont là pour le garantir.
L’or 24 carats : le métal pur, trop mou pour la joaillerie
L’or 24 carats, c’est l’or à l’état pur : 99,9 % d’or fin, sans alliage ou presque. C’est sous cette forme qu’il est coulé en lingot d’or et frappé en pièces d’investissement : la pureté maximale garantit la valeur du métal au poids, sans discussion possible.
Mais l’or pur a un défaut rédhibitoire pour la joaillerie : il est trop mou. Une bague en or 24 carats se déformerait au premier choc, un fermoir ne tiendrait pas, une griffe de sertissage plierait sous la pression. C’est pourquoi les joailliers allient systématiquement l’or à d’autres métaux — cuivre, argent, palladium, zinc — qui lui donnent dureté, tenue et couleur.
Il existe une exception culturelle : dans plusieurs pays d’Asie et du Moyen-Orient, les bijoux de mariage se portent traditionnellement en or 22 ou 24 carats, la pureté du métal y étant un symbole de prospérité. Ces pièces, souvent massives, se portent peu au quotidien — ce sont des objets de cérémonie et de réserve de valeur autant que des bijoux.
L’or 22 carats : l’alliage des pièces et de l’Orient
L’or 22 carats contient 91,6 % d’or pur. C’est le titre historique des grandes pièces de monnaie en or — Napoléon, souverain britannique, krugerrand : ces pièces devaient circuler de main en main sans s’user trop vite, d’où un léger alliage de cuivre qui les durcit tout en conservant une belle couleur jaune profond.

En joaillerie, le 22 carats reste la norme dans le monde indien, arabe et une partie de l’Asie : bagues massives, colliers de cérémonie, bracelets rigides. Sa teinte est d’un jaune plus intense que l’or 18 carats, presque solaire — un effet recherché dans ces traditions. En Europe en revanche, il est rare en bijouterie neuve : trop tendre pour les montures fines et les sertissages délicats, il ne figure pas parmi les titres légaux français pour les ouvrages courants.
Si vous héritez d’un bijou ancien marqué 916 ou « 22 ct », vous tenez probablement une pièce d’origine orientale ou une monnaie montée en bijou. Faites-la expertiser : sa valeur tient autant à son poids d’or fin qu’à son histoire.
L’or 18 carats : la référence française
L’or 18 carats — 750 millièmes — est le titre de référence de la joaillerie française. Trois quarts d’or pur, un quart d’alliage : c’est le compromis idéal entre richesse du métal et résistance mécanique. Assez dur pour les sertissages les plus fins, assez pur pour garder un jaune profond et une belle densité en main.

C’est aussi le titre qu’exigent, de fait, les grandes maisons de la place Vendôme pour leurs créations. Un bijou français neuf en or digne de ce nom porte le poinçon de la tête d’aigle, garantie de l’État pour le 750 millièmes. Quand vous achetez une bague de fiançailles, un collier ou une montre habillée en France, c’est presque toujours de l’or 18 carats que vous achetez.
Le 18 carats se décline dans toutes les couleurs — jaune, blanc, rose — selon la nature de l’alliage qui complète l’or pur. C’est cette polyvalence, jointe à sa tenue, qui en fait le choix des joailliers pour les pièces destinées à durer des générations.
L’or 14 carats : la norme du monde anglo-saxon
L’or 14 carats — 585 millièmes — contient 58,5 % d’or pur. C’est le titre le plus vendu aux États-Unis et dans une grande partie de l’Europe du Nord : un bon équilibre entre prix contenu et belle apparence, avec une dureté supérieure à celle du 18 carats — un atout pour les bijoux du quotidien, bagues de tous les jours et bracelets soumis aux chocs.
En France, le 585 millièmes est un titre légal, garanti par le poinçon de la coquille Saint-Jacques. On le rencontre sur les bijoux importés, les collections aux prix doux et certaines lignes contemporaines qui privilégient le design sur la teneur en métal. Sa couleur est un peu moins profonde que celle du 18 carats, mais un œil non exercé peine à faire la différence.
Faut-il préférer le 18 au 14 carats ? Tout dépend de l’usage : pour une bague portée chaque jour pendant des décennies, la dureté du 14 carats est un argument sérieux ; pour une pièce d’exception ou un investissement patrimonial, le 18 carats garde la préférence des maisons françaises.
L’or 9 carats : l’entrée de gamme économique
L’or 9 carats — 375 millièmes — ne contient que 37,5 % d’or pur. C’est le titre le plus bas autorisé en France pour qu’un bijou puisse légalement s’appeler « or ». En dessous, il s’agit de plaqué ou de métal doré — ce qui n’a rien d’infamant, mais ce n’est plus de l’or massif.
Le 9 carats a ses vertus : son prix doux le rend accessible, et sa forte proportion d’alliage le rend très résistant — c’est le plus dur des titres courants. On le trouve sur les bijoux fantaisie haut de gamme, les premières bagues offertes aux adolescents, les collections de créateurs aux prix serrés. Son poinçon français est la tête de cheval.
Deux limites à connaître : sa couleur tire parfois vers un jaune plus pâle, et sa teneur élevée en alliage (notamment en cuivre et en argent) le rend un peu plus sensible à l’oxydation superficielle. Un entretien régulier lui rend tout son éclat.
Or jaune, or blanc, or rose : quand l’alliage fait la couleur
Le nombre de carats dit la quantité d’or ; l’alliage dit sa couleur. À titre égal — 18 carats, par exemple — un bijou peut être jaune, blanc ou rose selon les métaux mêlés aux 75 % d’or pur :

- L’or jaune allie l’or à l’argent et au cuivre : c’est la couleur historique, solaire, du métal.
- L’or blanc allie l’or au palladium (ou, plus rarement aujourd’hui, au nickel) : une teinte froide et contemporaine, souvent rehaussée d’un placage de rhodium pour un blanc éclatant — c’est l’or rhodié que portent la plupart des bagues « or blanc ».
- L’or rose doit sa teinte à une plus forte proportion de cuivre : une couleur douce et romantique, très en vogue depuis une décennie. Pour bien le choisir, lisez notre guide du bijou en or rose de qualité.
Retenez l’essentiel : la couleur ne dit rien du titre. Une bague en or rose 18 carats contient exactement autant d’or pur qu’une bague en or jaune 18 carats — seul l’alliage change. C’est le poinçon, pas la teinte, qui fait foi.
Carats et poinçons : vérifier le titre d’un bijou
En France, le titre d’un bijou ne se déclare pas, il se prouve : par les poinçons frappés dans le métal. Chaque titre légal a son poinçon de garantie — tête d’aigle pour le 750, coquille Saint-Jacques pour le 585, tête de cheval pour le 375 — auquel s’ajoute le poinçon de responsabilité du fabricant, un losange avec ses initiales.

En pratique, retournez la bague, ouvrez le fermoir, regardez l’intérieur du bracelet : le poinçon s’y cache, minuscule. Une loupe de joaillier (grossissement ×10) suffit à le lire. Méfiez-vous des mentions « 18K », « 750 » ou « 585 » gravées seules, sans poinçon officiel : ce sont des indications commerciales, pas des garanties — n’importe qui peut les graver.
Pour les bijoux anciens ou importés, les systèmes varient : les Anglo-Saxons gravent « 14K » ou « 585 », les Italiens « 750 », les pièces orientales portent leurs propres marques. En cas de doute sur une pièce de valeur, seul un essayeur ou un joaillier équipé d’un testeur peut trancher — l’œil, même exercé, ne mesure pas un titre au dixième de pour cent près.
Quel carat pour quel bijou ? Le guide d’achat
Il n’y a pas de « meilleur » carat dans l’absolu — il y a le bon titre pour le bon usage. Voici les repères de la Maison :

- Bague de fiançailles, alliance, pièce d’exception : l’or 18 carats s’impose — c’est la norme des grandes maisons et le meilleur compromis tenue-richesse pour un bijou destiné à traverser les générations.
- Bijoux du quotidien (bague portée chaque jour, bracelet, chaîne fine) : le 14 carats, plus dur, encaisse mieux les chocs ; le 18 carats reste un excellent choix si le budget le permet.
- Premier bijou, budget serré, fantaisie haut de gamme : le 9 carats offre l’éclat de l’or massif à prix doux — vérifiez simplement le poinçon tête de cheval.
- Investissement, réserve de valeur : oubliez les carats de joaillerie — visez l’or 24 carats sous forme de lingot d’or ou de pièces d’investissement, dont la valeur suit le cours du métal au plus près.
Et surtout : achetez le titre, pas la couleur ; exigez le poinçon, pas la promesse. Un bijou bien choisi au bon titre est un bijou que l’on transmet.
Foire aux questions
Le carat de l’or et le carat du diamant, est-ce la même chose ?
Non — c’est le piège le plus classique du vocabulaire joaillier. Le carat de l’or mesure une pureté : 24 carats = or pur. Le carat du diamant mesure une masse : 1 carat = 0,2 gramme. Un « diamant d’un carat monté sur or 18 carats » combine les deux sens dans la même phrase : une pierre de 0,2 g sur un métal à 75 % d’or pur.
L’or 18 carats est-il toujours meilleur que l’or 14 carats ?
Pas toujours. Le 18 carats contient davantage d’or pur — c’est un meilleur « placement matière » et la norme des grandes maisons. Mais le 14 carats est plus dur et moins cher, ce qui en fait un excellent choix pour les bijoux portés quotidiennement. Le « meilleur » dépend de l’usage, pas du seul chiffre.
Comment connaître le nombre de carats d’un bijou ancien sans poinçon lisible ?
Commencez par chercher les marquages au dos ou à l’intérieur avec une loupe : « 750 », « 585 », « 375 », « 18K », « 14K ». Si rien n’est lisible, faites appel à un joaillier : un test à la pierre de touche ou une analyse par fluorescence X donne le titre sans abîmer la pièce. Ne vous fiez jamais à la seule couleur.
L’or 9 carats est-il du « vrai » or ?
Oui. En France, tout alliage titrant au moins 375 millièmes peut légalement porter le nom d’« or » et recevoir le poinçon tête de cheval. L’or 9 carats est de l’or massif — simplement moins riche en métal pur que le 18 carats, et donc moins cher. En dessous de 375 millièmes, on parle de plaqué or ou de doré, pas d’or.
Le nombre de carats change-t-il la couleur de l’or ?
À alliage identique, oui, subtilement : plus le titre est élevé, plus le jaune est profond et chaud — l’or 22 carats a un jaune plus intense que l’or 9 carats. Mais l’effet de l’alliage est bien plus spectaculaire : un or 18 carats rose ou blanc n’a plus rien du jaune « classique », alors que son titre reste de 750 millièmes.